Le café accompagne les réveils, les pauses et les longues journées de travail. Mais derrière son image de simple stimulant, la boisson continue de susciter l’intérêt des chercheurs pour ses effets possibles sur la santé, tandis que sa production soulève des enjeux économiques et climatiques de plus en plus lourds.
Célébrée depuis 2015 à l’initiative de l’Organisation internationale du café, la Journée internationale du café prend cette année une dimension supplémentaire avec la proclamation du 1er octobre comme journée internationale par l’Assemblée générale des Nations unies. L’occasion de remettre en lumière une boisson consommée sur tous les continents, mais aussi une filière dont dépendent des millions de producteurs.
Des bénéfices observés, sans effet miracle
Plusieurs études ont mis en évidence une association entre une consommation régulière de café et un risque plus faible de certaines maladies. Une large synthèse publiée dans le British Medical Journal a notamment relevé des liens favorables avec certaines maladies du foie, le diabète de type 2 ou encore la mortalité cardiovasculaire.
Pour plusieurs indicateurs, les résultats les plus favorables apparaissaient autour de trois à quatre tasses par jour. Mais ces données doivent être interprétées avec prudence. Il s’agit en grande partie d’études observationnelles, qui mettent en évidence des associations sans prouver que le café est, à lui seul, responsable des effets constatés.
Autrement dit, ces recherches ne justifient ni de commencer à boire du café pour prévenir une maladie, ni d’augmenter volontairement sa consommation. Le mode de vie, l’alimentation ou encore l’état de santé général peuvent aussi peser dans les résultats.
La caféine compte plus que le nombre de tasses
Le principal effet immédiat du café vient de la caféine, qui stimule le système nerveux central, améliore la vigilance et réduit temporairement la sensation de fatigue.
Mais toutes les tasses ne se valent pas. La quantité de caféine dépend du type de grain, de la méthode de préparation, de la concentration et du volume servi. Une tasse de café filtre de 200 millilitres peut, à titre indicatif, contenir autour de 90 milligrammes de caféine.
Chez l’adulte en bonne santé, hors grossesse, un apport allant jusqu’à 400 milligrammes par jour est généralement considéré comme ne posant pas de problème de sécurité lorsqu’il est réparti sur la journée. Pendant la grossesse, ce repère tombe à 200 milligrammes par jour, toutes sources confondues.
Il faut donc prendre en compte le café, mais aussi le thé, les boissons énergisantes et les autres produits contenant de la caféine. Ces repères constituent des limites de sécurité, pas un objectif quotidien à atteindre.
Attention à l’heure de la dernière tasse
La tolérance varie fortement d’une personne à l’autre. Certaines peuvent boire plusieurs cafés sans ressentir d’effet particulier, tandis que d’autres sont rapidement confrontées à des palpitations, de la nervosité ou des troubles du sommeil.
L’heure de consommation joue ici un rôle important. Chez certaines personnes, une dose relativement modérée de caféine prise en fin de journée peut suffire à retarder l’endormissement ou à dégrader la qualité du sommeil.
Réduire les cafés en fin d’après-midi et en soirée peut donc être aussi important que de surveiller le nombre total de tasses consommées dans la journée.
Une tasse trop chaude n’est pas anodine
La température de la boisson mérite elle aussi l’attention. Le Centre international de recherche sur le cancer classe la consommation de boissons très chaudes, à plus de 65°C, comme probablement cancérogène pour l’être humain en raison du risque observé au niveau de l’œsophage.
Cette classification concerne la chaleur de la boisson, et non le café en lui-même. Les données disponibles ne permettent pas, à ce jour, de conclure à un effet cancérogène global propre au café.
Laisser refroidir quelques minutes une boisson brûlante reste donc un réflexe simple, qu’il s’agisse d’un espresso, d’un café filtre ou de toute autre boisson chaude.
Derrière chaque tasse, des millions de producteurs
La Journée internationale du café rappelle enfin que cette boisson est aussi au cœur d’une immense filière agricole. Selon la FAO, environ 25 millions d’agriculteurs tirent une partie de leurs revenus de la culture du café, tandis que l’industrie mondiale génère plus de 200 milliards de dollars de revenus annuels.
Cette économie reste cependant confrontée à de nombreux défis : changement climatique, maladies des cultures, fluctuations des revenus, traçabilité et pression sur les exploitations. Plusieurs initiatives misent désormais sur l’agroforesterie, le développement de variétés plus résistantes ou encore le renforcement des coopératives.
Célébrer le café ne revient donc pas seulement à s’intéresser à ce qu’il apporte dans la tasse. De la santé du consommateur aux conditions de travail des producteurs, cette boisson quotidienne concentre à elle seule des enjeux alimentaires, économiques et environnementaux.


